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Merci sr Sylvie pour ce que tu as été pour nous
Hommage à Sœur Marie Sylvita ÉLIE
Il est des personnes que le Seigneur place sur notre route pour éclairer nos pas et nous conduire, souvent sans que nous le sachions, vers l'accomplissement de son projet d'amour. Pour moi, Sœur Sylvita ELIE est de celles-là.
En 2002, j'étais en troisième année à l'École Normale des Instituteurs des Salésiens à La Saline. Cette année-là devait marquer l'aboutissement de plusieurs années d'efforts, puisque je me préparais à recevoir mon diplôme. Cependant, la situation sociopolitique du pays devenait de plus en plus préoccupante. L'insécurité faisait la une de l'actualité et les déplacements étaient particulièrement risqués, surtout que les cours se terminaient vers huit heures du soir.
Face à cette situation, ma famille souhaitait que ma sœur et moi abandonnions nos études afin d'éviter les dangers de la route. Pour ma part, je ne pouvais me résoudre à quitter l'école alors que j'étais à quelques mois de la fin de mon parcours.
C'est alors que la Providence de Dieu se manifesta.
Dans la promotion de ma sœur, deux religieuses salésiennes, ainsi qu'une autre religieuse de ma propre promotion, demandèrent à la sœur responsable s'il était possible que nous descendions chaque soir avec elles jusqu'à l'Avenue du Chili. Grâce au chauffeur de la communauté, nous pourrions ainsi rentrer en sécurité sans avoir à attendre tardivement un moyen de transport.
Nous étions trois jeunes concernées : ma sœur, une autre étudiante et moi-même. Après en avoir discuté avec ma mère, celle-ci accepta cette proposition qui nous permettait de poursuivre nos études tout en étant protégées.
Le premier jour, nous sommes arrivées à la Maison Provinciale. Une fête s'y déroulait et l'endroit était rempli d'enfants. Au milieu de cette ambiance joyeuse, mon regard fut attiré par une religieuse au sourire accueillant qui échangeait avec plusieurs personnes. Je ne savais pas encore que cette femme allait occuper une place si importante dans mon histoire.
Cette religieuse était Sœur Marie Sylvita ÉLIE.
Avec une générosité remarquable, elle nous ouvrit les portes de sa communauté. Pendant près d'un mois, elle nous accueillit à la Maison Provinciale afin que nous puissions poursuivre nos études en toute sécurité et terminer notre année scolaire. Grâce à son hospitalité et à sa confiance, j'ai pu achever ma formation et obtenir mon diplôme.
À cette époque, je voyais simplement en elle une religieuse bienveillante qui avait posé un geste de charité. Je ne savais pas encore que le Seigneur se servait déjà d'elle pour préparer l'avenir.
Après l'obtention de mon diplôme, j'ai travaillé pendant cinq années chez les Sœurs de la Sagesse. Durant tout ce temps, la question de la vie religieuse demeurait présente dans mon cœur. Je cherchais à discerner la volonté de Dieu sans savoir exactement où il voulait me conduire.
C'est alors que j'ai rencontré Sœur Viviane des Sœurs de la Sagesse. Elle m'offrit la possibilité de vivre une expérience vocationnelle dans sa congrégation. Malgré la richesse de cette expérience et son désir de me voir poursuivre ce chemin, je sentais intérieurement que le Seigneur m'appelait ailleurs.
Respectueuse de mon discernement, elle continua néanmoins à m'accompagner. Un jour, elle me demanda si je connaissais une autre congrégation qui m'attirait. Immédiatement, le souvenir des Salésiennes me revint à l'esprit. Je lui parlai alors de la Maison Provinciale et de l'accueil que j'y avais reçu lorsque j'étais encore étudiante.
À ma grande surprise, Sœur Viviane me raconta sa propre histoire. Elle me confia qu'une religieuse salésienne l'avait elle-même accompagnée chez les Sœurs de la Sagesse lorsqu'elle était en recherche vocationnelle. Puis elle me dit avec simplicité :
« Une sœur salésienne a fait cela pour moi. Aujourd'hui, je vais faire la même chose pour toi. »
Quelques jours plus tard, elle prit rendez-vous avec moi pour un dimanche après-midi. Fidèle à sa parole, elle m'accompagna à Pétion-Ville, chez les Sœurs Salésiennes.
Je ne pouvais imaginer alors que cette simple visite allait marquer un tournant décisif dans ma vie. Ce dimanche-là, le Seigneur ouvrait devant moi un chemin nouveau. Avec la délicatesse qui caractérise son action, il me conduisait vers la Famille Salésienne où j'allais découvrir ma vocation et trouver ma place.
Quelques années plus tard, la Providence me réservait une surprise encore plus grande. Celle qui m'avait accueillie autrefois à la Maison Provinciale allait devenir ma mère maîtresse.
Un jour, je lui racontai toute cette histoire. Avec son sourire habituel, elle me répondit :
« Oui, je m'en souviens très bien. On était venu me demander l'hospitalité pour trois jeunes... et parmi ces trois jeunes, toi seule es revenue. »
Puis elle ajouta avec émotion :
« Je rends grâce au Seigneur d'être passée par moi pour que tu sois aujourd'hui dans la Famille Salésienne. »
Ces paroles sont demeurées gravées dans mon cœur.
Durant les années de formation vécues auprès d'elle, j'ai découvert une femme profondément consacrée à Dieu. Elle possédait ce don rare d'allier la tendresse d'une mère à la fermeté d'une éducatrice. Elle savait écouter, encourager, corriger avec délicatesse et accompagner chacune avec patience sur le chemin de sa croissance humaine et spirituelle.
À son contact, nous apprenions à faire confiance à Dieu, à aimer notre vocation et à avancer avec courage malgré les difficultés. Elle était pour nous un signe vivant de la bonté de Dieu et de l'esprit de famille si cher à Don Bosco et à Mère Mazzarello.
Aujourd'hui, en relisant mon histoire, je comprends mieux que tout ce qu'elle a fait pour moi n'était pas simplement un geste humain. À travers son accueil, son accompagnement et sa présence maternelle, c'est le Seigneur lui-même qui me guidait vers la vocation à laquelle il m'appelait.
Comment ne pas rendre grâce pour une telle religieuse ?
Comment ne pas remercier Dieu pour cette femme qui a su être un instrument de sa Providence et un reflet de son amour ?
Sœur Sylvita ÉLIE a laissé dans ma vie une empreinte profonde et indélébile. Son souvenir demeure associé à l'accueil, à la confiance, à la générosité et à la fidélité.
Le Seigneur l'a rappelée à Lui le 6 juin 2026, en ce mois consacré au Sacré-Cœur de Jésus, une dévotion particulièrement chère à notre cofondatrice, Sainte Marie-Dominique Mazzarello. Quelle belle coïncidence de la grâce de voir s'achever le pèlerinage terrestre d'une fille de Don Bosco et de Mère Mazzarello en ce temps où l'Église contemple le Cœur du Christ, source de tout amour et de toute miséricorde.
Toute sa vie a été le reflet de ce Cœur divin : un cœur capable d'accueillir, d'écouter, d'accompagner, de faire grandir et de conduire les jeunes vers Dieu. Aujourd'hui encore, son témoignage continue de parler à celles et ceux qui ont eu la grâce de la connaître.
Avec une profonde reconnaissance, nous la confions à la tendresse infinie du Seigneur. Que Jésus lui-même l'accueille dans sa demeure de lumière et de paix. Qu'il lui accorde la récompense promise aux serviteurs fidèles et qu'il lui donne cette couronne de gloire qui ne se flétrit jamais.
Merci, ma Sœur d'avoir ouvert les portes de votre maison à une jeune étudiante qui désirait simplement terminer son année scolaire. Merci d'avoir ouvert, sans le savoir, les portes d'une vocation. Merci pour votre cœur de mère, votre présence rassurante, votre confiance et votre fidélité.
Que Marie Auxiliatrice, que vous avez tant aimée et servie, vous accueille désormais auprès de son Fils. Et que votre souvenir demeure vivant dans mon cœur, comme une action de grâce permanente pour tout le bien que Dieu a accompli à travers vous.
Avec tout mon amour et ma reconnaissance,
Sœur CHERY Rose Andrée, FMA
Ta fille, que le Seigneur a conduite jusqu'à la Famille Salésienne à travers ton accueil, ton accompagnement et ton cœur de mère. :::
Il est des personnes que le Seigneur place sur notre route pour éclairer nos pas et nous conduire, souvent sans que nous le sachions, vers l'accomplissement de son projet d'amour. Pour moi, Sœur Sylvita ELIE est de celles-là.
En 2002, j'étais en troisième année à l'École Normale des Instituteurs des Salésiens à La Saline. Cette année-là devait marquer l'aboutissement de plusieurs années d'efforts, puisque je me préparais à recevoir mon diplôme. Cependant, la situation sociopolitique du pays devenait de plus en plus préoccupante. L'insécurité faisait la une de l'actualité et les déplacements étaient particulièrement risqués, surtout que les cours se terminaient vers huit heures du soir.
Face à cette situation, ma famille souhaitait que ma sœur et moi abandonnions nos études afin d'éviter les dangers de la route. Pour ma part, je ne pouvais me résoudre à quitter l'école alors que j'étais à quelques mois de la fin de mon parcours.
C'est alors que la Providence de Dieu se manifesta.
Dans la promotion de ma sœur, deux religieuses salésiennes, ainsi qu'une autre religieuse de ma propre promotion, demandèrent à la sœur responsable s'il était possible que nous descendions chaque soir avec elles jusqu'à l'Avenue du Chili. Grâce au chauffeur de la communauté, nous pourrions ainsi rentrer en sécurité sans avoir à attendre tardivement un moyen de transport.
Nous étions trois jeunes concernées : ma sœur, une autre étudiante et moi-même. Après en avoir discuté avec ma mère, celle-ci accepta cette proposition qui nous permettait de poursuivre nos études tout en étant protégées.
Le premier jour, nous sommes arrivées à la Maison Provinciale. Une fête s'y déroulait et l'endroit était rempli d'enfants. Au milieu de cette ambiance joyeuse, mon regard fut attiré par une religieuse au sourire accueillant qui échangeait avec plusieurs personnes. Je ne savais pas encore que cette femme allait occuper une place si importante dans mon histoire.
Cette religieuse était Sœur Marie Sylvita ÉLIE.
Avec une générosité remarquable, elle nous ouvrit les portes de sa communauté. Pendant près d'un mois, elle nous accueillit à la Maison Provinciale afin que nous puissions poursuivre nos études en toute sécurité et terminer notre année scolaire. Grâce à son hospitalité et à sa confiance, j'ai pu achever ma formation et obtenir mon diplôme.
À cette époque, je voyais simplement en elle une religieuse bienveillante qui avait posé un geste de charité. Je ne savais pas encore que le Seigneur se servait déjà d'elle pour préparer l'avenir.
Après l'obtention de mon diplôme, j'ai travaillé pendant cinq années chez les Sœurs de la Sagesse. Durant tout ce temps, la question de la vie religieuse demeurait présente dans mon cœur. Je cherchais à discerner la volonté de Dieu sans savoir exactement où il voulait me conduire.
C'est alors que j'ai rencontré Sœur Viviane des Sœurs de la Sagesse. Elle m'offrit la possibilité de vivre une expérience vocationnelle dans sa congrégation. Malgré la richesse de cette expérience et son désir de me voir poursuivre ce chemin, je sentais intérieurement que le Seigneur m'appelait ailleurs.
Respectueuse de mon discernement, elle continua néanmoins à m'accompagner. Un jour, elle me demanda si je connaissais une autre congrégation qui m'attirait. Immédiatement, le souvenir des Salésiennes me revint à l'esprit. Je lui parlai alors de la Maison Provinciale et de l'accueil que j'y avais reçu lorsque j'étais encore étudiante.
À ma grande surprise, Sœur Viviane me raconta sa propre histoire. Elle me confia qu'une religieuse salésienne l'avait elle-même accompagnée chez les Sœurs de la Sagesse lorsqu'elle était en recherche vocationnelle. Puis elle me dit avec simplicité :
« Une sœur salésienne a fait cela pour moi. Aujourd'hui, je vais faire la même chose pour toi. »
Quelques jours plus tard, elle prit rendez-vous avec moi pour un dimanche après-midi. Fidèle à sa parole, elle m'accompagna à Pétion-Ville, chez les Sœurs Salésiennes.
Je ne pouvais imaginer alors que cette simple visite allait marquer un tournant décisif dans ma vie. Ce dimanche-là, le Seigneur ouvrait devant moi un chemin nouveau. Avec la délicatesse qui caractérise son action, il me conduisait vers la Famille Salésienne où j'allais découvrir ma vocation et trouver ma place.
Quelques années plus tard, la Providence me réservait une surprise encore plus grande. Celle qui m'avait accueillie autrefois à la Maison Provinciale allait devenir ma mère maîtresse.
Un jour, je lui racontai toute cette histoire. Avec son sourire habituel, elle me répondit :
« Oui, je m'en souviens très bien. On était venu me demander l'hospitalité pour trois jeunes... et parmi ces trois jeunes, toi seule es revenue. »
Puis elle ajouta avec émotion :
« Je rends grâce au Seigneur d'être passée par moi pour que tu sois aujourd'hui dans la Famille Salésienne. »
Ces paroles sont demeurées gravées dans mon cœur.
Durant les années de formation vécues auprès d'elle, j'ai découvert une femme profondément consacrée à Dieu. Elle possédait ce don rare d'allier la tendresse d'une mère à la fermeté d'une éducatrice. Elle savait écouter, encourager, corriger avec délicatesse et accompagner chacune avec patience sur le chemin de sa croissance humaine et spirituelle.
À son contact, nous apprenions à faire confiance à Dieu, à aimer notre vocation et à avancer avec courage malgré les difficultés. Elle était pour nous un signe vivant de la bonté de Dieu et de l'esprit de famille si cher à Don Bosco et à Mère Mazzarello.
Aujourd'hui, en relisant mon histoire, je comprends mieux que tout ce qu'elle a fait pour moi n'était pas simplement un geste humain. À travers son accueil, son accompagnement et sa présence maternelle, c'est le Seigneur lui-même qui me guidait vers la vocation à laquelle il m'appelait.
Comment ne pas rendre grâce pour une telle religieuse ?
Comment ne pas remercier Dieu pour cette femme qui a su être un instrument de sa Providence et un reflet de son amour ?
Sœur Sylvita ÉLIE a laissé dans ma vie une empreinte profonde et indélébile. Son souvenir demeure associé à l'accueil, à la confiance, à la générosité et à la fidélité.
Le Seigneur l'a rappelée à Lui le 6 juin 2026, en ce mois consacré au Sacré-Cœur de Jésus, une dévotion particulièrement chère à notre cofondatrice, Sainte Marie-Dominique Mazzarello. Quelle belle coïncidence de la grâce de voir s'achever le pèlerinage terrestre d'une fille de Don Bosco et de Mère Mazzarello en ce temps où l'Église contemple le Cœur du Christ, source de tout amour et de toute miséricorde.
Toute sa vie a été le reflet de ce Cœur divin : un cœur capable d'accueillir, d'écouter, d'accompagner, de faire grandir et de conduire les jeunes vers Dieu. Aujourd'hui encore, son témoignage continue de parler à celles et ceux qui ont eu la grâce de la connaître.
Avec une profonde reconnaissance, nous la confions à la tendresse infinie du Seigneur. Que Jésus lui-même l'accueille dans sa demeure de lumière et de paix. Qu'il lui accorde la récompense promise aux serviteurs fidèles et qu'il lui donne cette couronne de gloire qui ne se flétrit jamais.
Merci, ma Sœur d'avoir ouvert les portes de votre maison à une jeune étudiante qui désirait simplement terminer son année scolaire. Merci d'avoir ouvert, sans le savoir, les portes d'une vocation. Merci pour votre cœur de mère, votre présence rassurante, votre confiance et votre fidélité.
Que Marie Auxiliatrice, que vous avez tant aimée et servie, vous accueille désormais auprès de son Fils. Et que votre souvenir demeure vivant dans mon cœur, comme une action de grâce permanente pour tout le bien que Dieu a accompli à travers vous.
Avec tout mon amour et ma reconnaissance,
Sœur CHERY Rose Andrée, FMA
Ta fille, que le Seigneur a conduite jusqu'à la Famille Salésienne à travers ton accueil, ton accompagnement et ton cœur de mère. :::