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Grande Finale du concours de débat du College Marie Dominique Mazzarello

Le dimanche 31 mai 2026 s’est tenue la grande finale du concours de débat « Resonantia », organisé par le Club Littéraire Fenêtre de Maïn du collège Marie Dominique Mazzarello autour du thème « Lire, penser, agir : la jeunesse face à sa mission ». Cette activité a rassemblé élèves, enseignants, invités et passionnés de l’art oratoire dans une atmosphère à la fois intellectuelle et festive.

La finale opposait le College Dominique Savio (CODOSA) partie contre, et le College Saint Francois d’Assise (CSFA), partie pour, autour du sujet : « Faut-il juger une personne à son apparence ? »

La cérémonie a débuté par le discours de Sœur Marie-Claire Jean, qui a salué l’engagement des jeunes dans la réflexion et le dialogue. Elle a été suivie d’une prestation d’éloquence du club de plaidoirie ainsi que d’une intervention du cofondateur du concours, Monsieur Dhaly Begin. Des chants et des danses présentés par les écoles participantes, notamment le CMDM, le CODOSA et le CSFA.

Au cours du débat, l’équipe du CSFA, défendant la position favorable au sujet, a commencé par définir les termes clés : juger, personne, envisagée dans ses dimensions biologique, morale et sociale, ainsi qu’apparence. Les débatteurs ont soutenu que l’apparence constitue un langage visuel et une forme de communication indispensable dans la société. S’appuyant notamment sur une définition de l’apparence tirée de l’Encyclopædia Universalis, ils ont affirmé que « l’apparence n’est pas l’ennemi de la vérité, mais une vitrine obligatoire ». Selon eux, refuser tout jugement fondé sur l’apparence relèverait de l’hypocrisie, puisque chacun interprète naturellement les signes visibles qui l’entourent. Ils ont également évoqué le rôle du dress code comme marqueur social et symbole d’appartenance. En s’appuyant sur des réflexions philosophiques et littéraires, notamment celles de Victor Hugo, ils ont défendu l’idée que certaines apparences peuvent effectivement révéler des vérités sur les individus.

De son côté, l’équipe du CODOSA a développé une argumentation opposée. S’appuyant sur des définitions attribuées à Pierre Bourdieu et à René Descartes, elle a soutenu que l’apparence demeure insuffisante pour connaître véritablement une personne. Les débatteurs ont affirmé que juger à partir de l’apparence favorise les préjugés, les discriminations et les erreurs d’interprétation. Selon eux, l’être humain possède une profondeur morale, intellectuelle et émotionnelle qui ne peut être saisie par de simples éléments extérieurs. Ils ont ainsi rappelé que les apparences peuvent être trompeuses et ont invité l’auditoire à réfléchir à cette question fondamentale : « Qu’est-ce que connaître véritablement un être humain ? »

À l’issue des échanges, plusieurs distinctions ont été décernées. Le prix d’éloquence a été attribué à Jean Marie Samorah élève du CSFA pour la qualité remarquable de son expression et de son argumentation. Céline Theramère a également reçu les félicitations du jury pour sa prestation. Le titre de meilleure débatteuse a été décerné à Ruthchama élève du CODOSA.

Au terme de la délibération, le CSFA a remporté la finale avec un score de 319,8 points. Le CODOSA a obtenu 306,2 points. Fidèle à l’esprit du débat, aucune équipe n’a été considérée comme perdante : le CODOSA a été salué comme l’équipe apprenante, ayant démontré de belles qualités de réflexion et d’argumentation.

Cette finale a marqué avec succès la clôture  de la première édition du concours Resonantia 2026. Au-delà de la compétition, elle a permis aux jeunes de développer leur esprit critique, leur éloquence et leur capacité à défendre des idées avec rigueur et respect. Cette initiative du Club Littéraire Fenêtre de Maïn confirme une fois de plus l’importance de la lecture, de la réflexion et de l’engagement dans la formation de la jeunesse haïtienne.

 

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