Le vendredi 15 Mai 2026, l’Institution Marie Auxiliatrice n’était pas simplement un lieu d’étude, elle est devenue le miroir de notre âme haïtienne. Dès le matin, le décor était posé : pas d’uniformes habituels, mais une marée d’élèves habillés en vêtements traditionnels. Du bleu, du rouge, du Karabela, des chapeaux de paille… et surtout, une joie pure qui se lisait sur tous les visages. On sentait que cette journée n’allait pas ressembler aux autres. Elle touchait à ce que nous avons de plus cher : notre culture.
Dans deux espaces différents, deux ambiances se répondaient, portées par un même amour du pays :
À la chapelle, les tout-petits du Kinder s’étaient réunis pour devancer deux dates importantes : la Fête du Drapeau et la Fête des Professeurs.
Voir ces enfants, si jeunes, se tenir debout pour honorer le bicolore, avait quelque chose de profondément désarmant. Sans artifice, avec la vérité de leur âge, ils ont récité des poésies et dansé au rythme de nos racines. À travers leurs gestes appliqués et leurs voix claires, ils ont fait deux choses essentielles : dire un merci immense à leurs professeurs qui les guident chaque jour, et promettre, à leur manière, de veiller sur notre drapeau. C’était simple, mais cela a arraché des larmes de fierté à ceux qui les regardaient.
De l’autre côté, la cour de l’école vibrait d’une tout autre énergie. C’était le domaine des grands, du primaire au secondaire, et l’ambiance était chaude, vivante, électrique. Les élèves dansaient, riaient et se rassemblaient autour d’un projet qui a marqué les esprits : la foire AGRIK’IMA.
Cette foire, qui liait la gastronomie, l’agriculture et l’écologie, était l’œuvre des élèves de la Secondaire 4, soutenus par la direction et le gouvernement scolaire. Derrière les stands, il y avait une idée forte, un cri du cœur : nous devons aimer ce qui vient de chez nous, protéger notre terre et parler notre langue, le créole, avec dignité. Ce n’était pas juste une activité pour passer le temps, c’était une action concrète pour dire que notre culture est vivante et qu’elle a de l’avenir.
Les élèves s’étaient transformés en cuisiniers pour offrir à leurs camarades un voyage dans les saveurs de notre terroir. L’odeur du pays flottait partout dans la cour. On y trouvait tout ce qui fait la richesse de nos tables :
- Le Tchaka, le Riz et Lalo riche en goût, le Maïs bouilli, le Ragoût chaud et le Cochon Gras bien croustillant.
- Pour les douceurs, le Pain patate lourd de tradition, le Doukounou, le jus naturel, sans oublier le Fresco coloré et les Crèmes maison pour rafraîchir les cœurs.

Voir ces jeunes préparer et déguster ces plats ensembles, avec autant de fierté, montrait une chose : la transmission est réussie.
Cette journée a été une réussite totale, mais son impact va bien au-delà des chiffres ou de l’organisation. Elle a frappé les esprits parce qu’elle était vraie. En voyant chaque enfant porter fièrement sa tenue et honorer sa culture, on a compris que l’école avait réussi sa plus belle mission : faire grandir des citoyens qui aiment leur pays. L’Institution Marie Auxiliatrice a vibré, a partagé, et a rappelé à tous que notre culture est une richesse qu’il faut protéger chaque jour.
