
Dans une société en quête de lucidité et d’engagement, la formation à l’esprit critique chez les jeunes s’impose comme une nécessité. C’est dans cette perspective que le club littéraire Fenêtre de Maïn du collège Marie Dominique Mazzarello des Soeurs Salésiennes de Pétion-Ville a poursuivi avec son initiative le concours de débat « Resonantia » interscolaire, qui est un véritable espace d’expression intellectuelle où la parole devient outil de réflexion et de transformation.

Réunissant plusieurs établissements scolaires, cette activité avait pour ambition de faire dialoguer les idées autour des problématiques fondamentales, tout en valorisant l’éloquence, la rigueur argumentative et la profondeur de pensée.

Le samedi 2 mai 2026, deux débats ont eu lieu avec la participation de quatre écoles. Le premier affrontement, débuté à 11 heures, a opposé le LNPV (Lycée National de Pétion-Ville) à l’ESE (École Sœur Étienne), autour du thème : « L’élève doit-il dépasser le maître ? ».
Le LNPV, défendant la thèse du dépassement, a présenté le savoir comme une dynamique évolutive. Selon cette perspective, l’élève ne trahit pas le maître en le dépassant ; il accomplit au contraire la finalité même de l’enseignement. En s’appuyant sur des figures telles qu’Albert Einstein, ils ont montré que le progrès scientifique repose sur la capacité à remettre en question les fondements établis.

À l’opposé, l’ESE a soutenu que le maître demeure une référence indépassable. Loin d’être simplement un transmetteur de connaissances, il constitue le socle même de la pensée de l’élève. À travers l’exemple de Socrate et Platon, ils ont illustré que toute innovation intellectuelle reste profondément enracinée dans l’héritage du maître.
Au terme de cette confrontation riche et nuancée, le LNPV s’est imposé avec un score de 265/400. Le prix d’éloquence a été attribué à François Djenne Marie Lissa, tandis que Deristil Shaïma, a été désignée meilleure débatteuse, deux élèves du LNPV. Deux slams, présentés par les deux écoles, ont marqué ce premier débat.
La jeunesse au tribunal de ses actes

Le second affrontement a opposé le CSFA (Collège Saint François d’Assise) au CNR (Collège des Normaliens Réunis), autour d’une problématique au cœur des enjeux sociaux contemporains : « La jeunesse est-elle responsable de ses actes ? ».
Le CSFA, en faveur de la responsabilité, a affirmé que celle-ci naît avec la conscience. S’appuyant sur une approche philosophique inspirée de l’existentialisme, notamment l’idée selon laquelle l’existence précède l’essence, ils ont soutenu que tout individu, dès lors qu’il est conscient, est responsable de ses choix et de ses actes.
Le CNR, quant à lui, a proposé une vision plus nuancée, présentant la jeunesse comme une période de construction et d’incertitude. Selon eux, la responsabilité est progressive et ne peut être pleinement exigée à un stade où l’individu est encore en formation.
À l’issue de ce débat, le CSFA a remporté la victoire avec un score de 262/400. Jean Marie Samorah, élève du CSFA, s’est distinguée en obtenant à la fois le prix d’éloquence et le titre de meilleure débatteuse.
Le concours de débat s’est révélé être bien plus qu’une simple compétition oratoire : il a constitué un véritable laboratoire de pensée, où les idées se sont confrontées avec rigueur et respect.
À travers ces échanges, les participants ont démontré que la jeunesse n’est pas seulement porteuse d’avenir, mais également capable d’analyse, de remise en question et de production intellectuelle. En ce sens, cette initiative incarne pleinement l’esprit du thème « Lire, penser, agir : la jeunesse face à sa mission », en invitant chaque jeune à assumer sa mission dans la construction d’un monde plus réfléchi et plus conscient.