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Une célébration éloquente de la Journée mondiale du livre à l’École Normale d’Instituteurs et au Centre Pédagogique des Salésiennes

À l’occasion de la Journée mondiale du livre, célébrée chaque 23 avril sous l’égide de UNESCO, l’École Normale d’Instituteurs (ENI) et le Centre Pédagogique des Salésiennes (CPS) ont vécu un moment d’une rare intensité intellectuelle et culturelle, grâce à l’initiative éclairée de leur directrice, Sœur Franceline NORMIL. Animée par le noble désir de raviver chez les étudiants le goût de la lecture et de les sensibiliser à la puissance formatrice du livre, elle avait demandé à chacun d’apporter un ouvrage éducatif, geste symbolique et profondément évocateur, invitant chaque participant à entrer en dialogue avec le savoir. Cette journée mémorable fut magnifiée par la conférence magistrale de M Marckenson DESIR, bibliothécaire de l’IMM, autour d’un thème aussi évocateur que fécond : « Le livre, boussole du savoir et outil de la libération ». Dans une prise de parole nourrie de profondeur, de culture et d’humanisme, le conférencier a su conduire son auditoire dans les sentiers féconds de la réflexion, mettant en lumière l’importance capitale de la lecture dans la formation intégrale de la personne.

D’emblée, il a rappelé avec justesse que « lire, c’est voyager sans bouger », formule qui traduit admirablement la capacité du livre à ouvrir des horizons insoupçonnés, à faire découvrir des mondes inconnus et à élargir l’esprit humain au-delà des limites du quotidien. La lecture, loin d’être une activité passive, constitue une véritable quête de sens, un exercice exigeant de concentration et d’intériorité. Comme il l’a si bien exprimé, « toute découverte demande une concentration » ; lire, c’est donc consentir à l’effort de comprendre l’autre, d’accueillir une pensée différente et d’entrer dans l’univers d’un auteur.

Dans cette perspective, M Désir a convié les étudiants à entreprendre ce voyage intérieur qu’est la lecture, source d’enrichissement personnel et ferment d’élévation intellectuelle. Le livre, a-t-il souligné, est « un vecteur de connaissances », un creuset où se forgent la culture, l’esprit critique et l’aisance dans l’expression. Il a mis en garde contre ce qu’il nomme les « béquilles langagières », ces facilités de langage qui appauvrissent la pensée et limitent la capacité d’exprimer avec justesse ses émotions, ses besoins et ses convictions. À ce propos, il a évoqué le concept d’Alex thymie, cette difficulté à verbaliser ses ressentis, montrant combien la lecture régulière enrichit le vocabulaire, affine la pensée et donne à la parole sa densité humaine.

S’appuyant sur de grandes figures intellectuelles, telles que Jean Price-Mars, Simone de Beauvoir et Albert Camus, le conférencier a montré que les livres ne sont pas de simples objets culturels, mais des leviers de transformation sociale et personnelle. De L’émancipation de la femme de Simone de Beauvoir à L’Homme révolté d’Albert Camus, il a révélé comment les grandes œuvres éveillent les consciences, invitent à dépasser les conformismes et poussent chacun à transcender ses zones de confort. Selon ses propres mots, « pour avoir l’amande, nous devons briser la coquille » : métaphore éloquente qui appelle à l’effort, à la persévérance et à l’audace intellectuelle.

Par ailleurs, M Désir a attiré l’attention sur les défis contemporains, notamment la banalisation de l’art, l’appauvrissement du langage et l’usage souvent chronophage des outils numériques. Sans condamner les technologies, il a exhorté les futurs éducateurs à les utiliser à bon escient, dans une logique d’édification plutôt que de distraction. Il a insisté sur l’importance de respecter les droits d’auteur, rappelant que cette Journée mondiale du livre rend également hommage aux écrivains qui, par leur plume, ont enrichi le patrimoine universel de l’humanité. Au terme de cette conférence inspirante, une conviction s’est imposée avec force : ce sont les idées qui dirigent le monde. Or, ces idées naissent souvent de la fréquentation assidue des livres, de la confrontation des pensées et de la curiosité intellectuelle. Lire devient alors un acte de liberté, une manière d’assumer pleinement son humanité, de nourrir son intelligence et d’aiguiser son discernement.

Grâce à l’initiative heureuse de Sœur Franceline NORMIL et à l’éclairage pertinent de  M Désir, cette célébration de la Journée du livre n’a pas seulement honoré l’objet-livre, elle a rappelé avec éclat que la lecture demeure l’un des piliers essentiels du développement intellectuel, moral et spirituel de la personne. Plus qu’une habitude, elle est une discipline de l’esprit ; plus qu’un loisir, elle est une voie de libération, plus qu’un exercice académique, elle est une école de vie.

Sr Sophie AUGUSTE,antenne de communication pour la communauté Madeleine Morano.

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