
Le calendrier salésien s’est paré de ses plus beaux atours en ce jour de fête. Dans notre école, l’atmosphère n’était pas simplement à la réjouissance, mais à la contemplation d’un modèle de sainteté juvénile : la Bienheureuse Laura Vicuña. En cette « Fête des Filles », notre établissement, Ecole Marie Auxiliatrice (EMA) a vibré sous l’impulsion d’un hommage sans précédent, où la figure de la petite Laura, l’étoile des Andes, a illuminé le cœur de chaque élève.
Il y a des vies qui, bien que brèves, présentent plus lourdes que des siècles d’existence. Laura Vicuña, décédée à l’âge de 12 ans, est de celles-là. Son histoire n’est pas celle d’une enfant passive, mais celle d’une héroïne de l’amour sacrificiel.
Lors du traditionnel « Mot du jour », les garçons de l’école ont retracé avec une émotion palpable le parcours de cette enfant qui, confrontée à la violence et à la complexité morale de son foyer, a choisi de s’offrir entièrement pour la conversion et la paix de sa mère. À 12 ans, Laura n’était pas seulement une élève des Filles de Marie Auxiliatrice ; elle était une sentinelle de la pureté. Son message, porté par la voix de nos jeunes d’aujourd’hui, résonne comme un appel à la dignité : « Savoir choisir le bien, même quand le vent est contraire. »
Le point d’orgue de cette célébration fut sans nul doute l’implication des garçons. Dans un élan de fraternité et de respect profond, ils se sont faits les artisans de cette journée. En honorant les filles et les fillettes, ils ont redonné tout son sens à l’éducation salésienne : celle qui forme des « bons chrétiens et d’honnêtes citoyens ».
Des chants, des danses, et des mélodies ont célébré la joie de vivre, transformant la cour de l’école en un sanctuaire de liesse. Des poèmes vibrants ont été scandés, louant la force discrète et la grâce de la femme, sous le regard protecteur de Marie Auxiliatrice.
Sur scène, les élèves ont interprété avec une justesse bouleversante les moments clés de la vie de la Bienheureuse. Ils ont mis en lumière ses vertus cardinales : sa piété sincère, son obéissance joyeuse et, surtout, sa charité héroïque. Ce moment théâtral a permis de comprendre que la sainteté n’est pas une abstraction, mais un choix quotidien.
L’un des moments les plus solennels de la journée fut l’annonce des « Laura » de chaque classe. Loin d’un simple concours de popularité, ce choix reposait sur des critères exigeants, calqués sur les vertus de la petite sainte chilienne :La Solidarité ,la Pureté de Cœur, une droiture dans les paroles et les actes, l’excellence,le don de soi dans le travail et le service.
Chaque Laura, appelée sous les acclamations nourries de ses pairs, a reçu une couronne. Ce geste symbolique n’était pas seulement une décoration, mais une reconnaissance de la dignité royale de la femme. Voir ces filles et fillettes couronnées, entourées par les applaudissements et le respect de leurs camarades masculins, fut une leçon vivante d’anthropologie chrétienne : l’homme et la femme, égaux en dignité, s’élevant ensemble vers le beau et le bien.
Nous a l’EMA, pourquoi fêter Laura Vicuña avec autant d’ardeur dans nos écoles aujourd’hui ? Bhen, très simples, c’est parce que notre monde a besoin de sa lumière. Laura nous enseigne que la jeunesse n’est pas une période d’attente, mais un temps d’engagement total. Elle nous montre que l’on peut être une force de changement par la douceur et la prière.
Pour nos filles, elle est la preuve que la vraie beauté réside dans la force du caractère. Pour nos garçons, elle est l’inspiratrice d’un respect renouvelé, les invitant à voir en chaque fille une sœur à protéger et une égale à admirer.
Cette fête restera gravée dans les mémoires comme un moment de grâce. En quittant l’école ce jour-là, chaque élève portait en lui un peu de l’esprit de Laura. Les couronnes brillaient sur les têtes des élues, mais c’est dans le regard de chaque enfant que la véritable lumière s’est allumée : celle de la certitude que la sainteté est possible, ici et maintenant.
Vive la famille salésienne ! Vive les filles de nos écoles salésiennes, vive les fillesde l’EMA! Et que la Bienheureuse Laura Vicuña continue de guider nos pas sur le chemin de la joie et du don de soi.
