Suivez-nous sur:

Bonne Fête de Notre Dame du Perpétuel Secours, patronne d’Haiti et de notre Province

perpetuosoccorso piccola

Notre Dame du Perpétuel Secours, Patronne de Haïti

En 1932, la ville de Port-au-Prince célébra avec grand éclat le 50e anniversaire des premiers bienfaits attribués à l’intervention de Notre Dame du Perpétuel Secours.

En 1942, au 60e anniversaire, l’archevêque de Port-au-Prince convoqua tout son peuple à un tridum solennel qui exprimerait à Notre Dame la reconnaissance du pays pour le passé et la prierait de « sauvegarder les intérêts bien compris du peuple haïtien dans un présent lourd d’angoisse et pour un avenir qui n’est pas sans inquiétude ». La guerre mondiale en effet battait son plein.

L’archevêque se proposait à cette occasion de consacrer à Notre Dame le pays tout entier. La cérémonie de cette consécration eut lieu le 8 décembre, en présence du président de la République et du gouvernement, sur l’esplanade et le parvis du Palais National. L’épiscopat haïtien tout entier prononça la formule et le président de la République, à haute voix, confirma cet acte en son nom et au nom du peuple haïtien.

Notre Dame du Perpétuel Secours et l’épidémie de petite vérole à Haïti

Une terrible épidémie de petite vérole

La seconde partie de l’année 1881 fut marquée par une terrible épidémie de petite vérole. Le fléau s’était déclaré au Cap Haïtien au mois d’août; puis, malgré toutes les précautions, il avait gagné la campagne, les bourgs, les villes; il éclata à la capitale, Port-au-Prince, en novembre. Toutes les rues, presque toutes les maisons étaient contaminées; au début, on compta 15 à 20 morts par jour – dans une ville de 300 000 âmes; à la fin de janvier 1882, on enregistra plus de 60 décès en une seule journée.

Une dévotion entièrement inconnue à Port-au-Prince

Il arriva vers cette époque, qu’une pieuse dame rapporta de Paris, où elle l’avait rencontré fortuitement, un tableau de la Vierge, sous le vocable de Perpétuel Secours; cette dévotion était entièrement inconnue à Port-au-Prince. Remis à l’abbé Kersuzan, curé de la cathédrale, le tableau fut destiné à l’église Saint-François au Bel-Air, qui venait d’être livrée au culte; le Bel-Air est une partie de morne qui domine au nord de la vieille ville. L’idée vint au curé de transporter là-haut l’image de Notre Dame, avec quelque solennité : ce serait une supplication pour la cessation du fléau.

Le recours à Notre Dame du perpétuel Secours

Répondant à ces vues, l’archevêque, Mgr Guilloux, fixa au dimanche 5 février l’inauguration de la image; les fidèles furent convoqués à l’église Saint-François et s’y rendirent, chacun en son particulier, pour respecter l’arrêté qui interdisait les processions par crainte la contagion.

L’archevêque exposa la nécessité de recourir à Dieu dans les calamités publiques, retraça l’histoire miraculeuse du Perpétuel Secours, bénit le tableau qu’on promena autour de l’église, à l’intérieur, avant de le placer sur l’autel qu’il devait orner.

Sur la demande du curé, le prélat sortit avec la image jusque devant la porte et, du haut de la colline, traça avec elle le signe de la croix sur la capitale.

La réponse de Notre Dame du perpétuel Secours

Les assistants emportèrent la conviction que leurs prières pour le salut de la ville étaient exaucées; ils les continuèrent avec ferveur pendant les huit jours qui suivirent, et l’on constata des symptômes d’amélioration dans les conditions climatiques.

La sécheresse prolongée avait aggravé la maladie; or, le 10 février, alors qu’on ne s’y attendait pas, contre toutes les prévisions, une pluie abondante rafraîchit l’air. Les morts continuèrent sans doute d’être nombreux, car les maisons et les cours étaient encombrées de varioleux; du lundi 13 au samedi 18 février, on en releva 243 en cinq jours; la semaine suivante, du 18 au 25, en sept jours n’en donna que 200; puis les trois semaines d’après en eurent respectivement 168, 83, 47.

Le P. Kersuzan devint alors un fervent de Notre Dame du Perpétuel Secours : sa paroisse fut entraînée à son exemple et bientôt la ville entière se rendit en pèlerinage au tableau de Notre Dame, chaque année.

________________

A. Cabon

Le culte marial dans les Antilles
et dans la Guyanne Française,
in Maria (tome V),
Beauchesne 1958

Source: http://www.mariedenazareth.com